2025-03-26 11.29.40 - A powerful editorial illustration capturing the essence of modern France in 2025 amidst a discourse of rearmament. In the foreground, a crumbling stat

La Psychologie française face au réarmement : une caisse de résonance complexe

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À l’heure où l’actualité française vibre au son d’un réarmement – militaire, moral ou discursif –, une caisse de résonance amplifie une volonté de puissance oscillant entre mots et papier. Cette posture, souvent ironique face aux réalités pratiques, pourrait sembler une basse politique intérieure. Pourtant, elle révèle une dynamique complexe, mêlant seuils de réceptivité collective, transformations démographiques et héritages historiques marqués par des biais psychologiques. De Sedan aux guerres mondiales, en passant par l’Indochine et l’Algérie, les élites françaises ont conduit la nation vers des désastres, exploitant ou sous-estimant ces mécanismes. Cet article explore ces enjeux, s’appuyant sur des chercheurs éminents.

Une population transformée et ses seuils de réceptivité

La France de 2025 n’est plus celle du siècle dernier. Les bouleversements démographiques et culturels ont redessiné sa psychologie collective. Michel Wieviorka souligne une tension entre cohésion nationale et fragmentation. Cette diversité rend les discours de puissance ambivalents : promesse de stabilité ou chimère, selon les seuils de réceptivité (Henri Piéron). Les élites, vantant des chars Leclerc difficilement mobilisables à plus de quarante unités (IFRI), peinent à calibrer leurs messages.

Les biais psychologiques des élites : un fil rouge historique

L’histoire illustre des élites précipitant des désastres par arrogance ou déni. À Sedan (1870), la sous-estimation prussienne (Marc Ferro) pose un jalon. Les guerres mondiales suivent : biais d’ancrage en 14-18 (Kahneman), paralysie en 39-40 (Villatoux). En Indochine, des régiments affrontent des divisions Viêt-minh entières par mécompréhension, et à Diên Biên Phu, cet « Azincourt vietnamien », une frappe nucléaire sur les positions françaises est envisagée – sacrifice préféré à la remise en question (archives militaires). En Algérie, le soutien russe au FLN (armes, entraînement) et les communistes français livrant du matériel, tuant des compatriotes impunément (Frédéric Guelton), minent l’effort.

Une volonté de puissance en 2025 : intention ou illusion ?

Le réarmement discursif de 2025 tente de conjurer ces échecs. Mais les réalités contredisent les mots. Les chars Leclerc, pensés pour une guerre de tonnage, sont obsolètes face aux drones. Les Rafale, vantés en « dogfight » contre les F-35, ignorent les frappes modernes (Revue Défense Nationale). Ajoutons les déclarations folles sur l’IA, présentée comme un but en soi d’investissement : dans un jeu mondial de dominance, les LLM, faussement appelés IA, reposent sur des levées de fonds sans remplacer une société civile industrialisée – surtout si l’on disserte vingt ans sur leur parité plutôt que sur leur utilité concrète. La rusticité des troupes, mise en avant, masque des failles logistiques (Sénat). Thierry Garcin y voit un « bluff » psychologique, mais sans industrie, ce volontarisme évoque une Corée du Nord bancale (Elie Cohen).

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Le mirage d’une armée sans base

Sans assise économique, les ambitions s’effritent. Les leçons d’Indochine (arrogance face au nombre) et d’Algérie (trahisons internes, appui russe) montrent que la psychologie ne suffit pas sans moyens.

Les chercheurs éminents et leurs apports

  • Paul Villatoux : stratégies d’influence inadaptées.
  • Michel Wieviorka : fractures sociales.
  • Serge Moscovici : influence des élites.
  • Marc Ferro : traumatismes et récits.
  • Elie Cohen : effritement industriel.
  • Charles Lacheroy, Frédéric Guelton : échecs coloniaux.

Conclusion : un défi psychologique, historique et matériel

En somme, il ne faut pas céder aux lubies du moment. Ce qui arrive en France naît d’un nihilisme et d’une absurdité ayant balayé toute critique constructive. Contester les « Américains sauveurs » de la Seconde Guerre était jugé honteux ; aujourd’hui, on admet que les Russes ont brisé le gros des forces allemandes, que les États-Unis visaient une colonisation post-guerre, et bientôt peut-être lèvera-t-on le voile sur les liens du roi anglais avec les nazis ou les bombardements anglais de villes françaises – d’utilité militaire douteuse, mais stratégiques pour dominer après-guerre (Antony Beevor). Le monde n’est pas binaire : l’opposition gentil/méchant sert un récit digeste, apte aux bons sentiments. Les frictions mondiales – armées, économiques, numériques, culturelles – n’ont jamais cessé, agissant en sous-main. Le réarmement actuel, s’il repose sur des illusions – chars dépassés, dogfights révolus, IA fantasmée, rusticité sans logistique –, rejoue les biais du passé, de Sedan à l’Algérie. Sans industrie ni lucidité, la France risque de rester une puissance de papier. Pis, conduire un pays par des annonces médiatiques et piloter la voie dorée via des sondages d’acceptation n’est ni sain, ni de bon augure pour des décisions solides sur le long terme.