Le 5 mars 2025, Emmanuel Macron a repris son pupitre pour une allocution censée réveiller les Français face à une « menace russe » imminente et une Europe en péril1. À ses côtés, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, pousse son rêve d’une armée européenne sous son contrôle, tandis que Poutine, Trump et la Chine avancent leurs pions dans une bataille pour dominer le récit collectif. Chacun veut écrire l’histoire à son profit, mais derrière les discours, les faits sont têtus : la France et l’Europe, vidées par leurs élites, gesticulent sans peser. Pendant ce temps, une insurrection silencieuse ronge le pays, loin des radars médiatiques. Décryptage d’un monde où les mots valent plus que les actes.
Macron : un président en sursis qui surfe sur la peur
Macron, en situation de « mort cérébrale » politique intérieure – usé par les retraites, les gilets jaunes, et une crédibilité en chute libre (son taux d’approbation stagnait à 28 % fin 2023 selon l’IFOP2) –, a vu dans la crise ukrainienne une aubaine pour se relancer. Hier soir, il a promis une Europe de la défense renforcée, des « investissements » sans hausse d’impôts, et une dissuasion nucléaire partagée1. Beaucoup de bruit, peu de substance. La France n’a plus les moyens de ses ambitions : son budget militaire, déjà sous tension avec 44,9 milliards d’euros en 20233, peine à suivre l’inflation et les besoins. L’Europe reste divisée – Viktor Orban, reçu à l’Élysée le 6 mars 2025 selon Le Monde4, incarne ce désaccord. Macron gesticule, mais que peut-il faire ? Rien de concret, sans doute parce que des décennies de désindustrialisation (perte de 36 % des emplois industriels depuis 19805) ont ruiné les capacités françaises.
Von der Leyen : une armée européenne sans mandat
Ursula von der Leyen, elle, rêve d’une force armée européenne. Dans un discours à Berlin en février 2025, elle a appelé à « une défense intégrée » sous contrôle de la Commission6, sans mandat clair dans les traités de l’UE – le Traité de Lisbonne ne prévoit rien de tel7. Macron la soutient, prêt à céder encore plus de souveraineté à une Europe technocratique. La France, déjà sous influence avec des directives européennes imposant 80 % de ses lois nationales selon un rapport de 20228, devrait-elle abandonner son armée à Bruxelles ? Napoléon, qui bâtit une nation souveraine, aurait de quoi s’indigner. Sans budget commun (le fonds de défense européen n’était que de 8 milliards en 20239) ni légitimité, c’est une chimère.
Les médias : éclaireurs et profiteurs
Les médias français, eux, amplifient la peur. Des sondages récents, comme celui d’Odoxa pour Le Figaro du 3 mars 2025, montrent que 62 % des Français craignent une guerre avec la Russie10 – une peur alimentée par des titres alarmistes. Ces enquêtes servent de baromètre au gouvernement pour tester des mesures : taxation de l’épargne (les Français détiennent 1 800 milliards d’euros en assurance-vie11) ou conscription. Macron ajuste son discours en conséquence, mais cette surenchère masque une armée en crise : seulement 50 % des chars Leclerc étaient opérationnels en 2022 selon la Cour des comptes12.
Une insurrection à bas bruit médiatique
Pendant ce temps, la France sombre dans une insurrection silencieuse. Les chiffres officiels sous-estiment la réalité, mais des rapports internes (fuités par Mediapart en janvier 202513) évoquent une hausse de 40 % des attaques au couteau depuis 2023, avec des cas de grenades et d’armes de guerre. Des professeurs décapités (comme en 2020 avec Samuel Paty14), des policiers égorgés chez eux (trois cas recensés en 2024 selon le ministère de l’Intérieur15), et des gendarmes emprisonnés pour des motifs politiques – 12 condamnations en 2024 d’après le syndicat UNSA-Police16 – dessinent un tableau glaçant. Les médias minimisent, mais cette violence est réelle et ignorée au profit d’un narratif extérieur.
La Russie : un épouvantail qui ne tient pas debout
Macron et von der Leyen agitent la « menace russe », mais les faits contredisent. La Russie, avec une population en déclin (143 millions en 2023, -0,2 % par an17), gère mal son immense territoire. Son PIB (1 700 milliards de dollars en 202318) ne soutient pas une guerre d’expansion, et son arsenal nucléaire rend tout conflit global suicidaire – un point confirmé par l’Institut de Stockholm (SIPRI)19. Historiquement, elle sécurise ses frontières (Ukraine, Géorgie), pas plus – comme les États-Unis avec Cuba en 1962. Poutine, avec Trump, négocie une paix ukrainienne à son avantage (Reuters, 4 mars 202520).
Les États-Unis : les vrais patrons
Trump, lui, domine sans effort. Son discours du 4 mars 2025 au Congrès exagère l’aide à l’Ukraine (100 milliards réels, pas 35021), justifiant un retrait américain. Avec un budget militaire de 877 milliards de dollars en 202322 et un contrôle culturel global, les États-Unis imposent leur jeu. La France risque de n’être qu’un pion dans ce duo Trump-Poutine.
La Chine : l’allié-ennemi en embuscade
La Chine, avec ses 1,4 milliard d’habitants et son manque de ressources (importation de 70 % de son pétrole23), observe. Alliée tactique de la Russie, elle guette la Sibérie, riche en matières premières.
Une surgesticulation sans solutions
Les annonces de Macron et von der Leyen ne résolvent rien. À court terme, la violence intérieure explose ; à long terme, l’Europe n’a pas les moyens de ses ambitions – son PIB combiné stagne à 18 000 milliards de dollars face aux 25 000 des États-Unis24. Sans souveraineté, sans industries (l’UE a perdu 15 % de sa production industrielle depuis 200025), rien ne changera. Il faut reconstruire usines et technologies pour être compétitifs mondialement.
L’industrie, clé du renouveau – pas juste des usines
L’industrie, c’est aussi la technologie. Mais sans santé économique (dette française à 120 % du PIB en 202326), sans industrie classique pour les composants, et sans ressources, pas de souveraineté numérique. Vivre du tourisme (8 % du PIB27) ne suffit pas – c’est une impasse.
Le piège de la dépendance numérique américaine
Et puis il y a la souveraineté numérique, ou plutôt son absence. La France, comme l’Europe, dépend du numérique américain, que ce soit pour les services (Google, Microsoft, Amazon) ou les infrastructures (serveurs AWS, câbles sous-marins contrôlés à 70 % par des firmes US28). À une époque où la transition numérique est inévitable – 80 % des démarches administratives françaises étaient en ligne en 202329 –, reposer sur l’infrastructure d’un autre pays est une folie. Le sujet est complexe, pas simple à expliquer au public, mais à court terme, c’est plus vital que l’hypothétique attaque russe sur Paris. Les décrets de Trump en 2025, renforçant le contrôle des données étrangères (The Wall Street Journal, 10 janvier 202530), et les changements d’algorithmes des réseaux sociaux US (X, Meta) notés par la CNIL en février 202531 montrent que nos données ne nous appartiennent plus. Imaginez un Trump décidant de priver la France des services et infrastructures américaines, comme il a retiré son soutien à Zelensky. Plus de gestion numérique, un retour au papier ? C’est un risque vital pour le pays, bien plus tangible que des chars russes aux portes de l’Hexagone.
Une guerre des récits, pas des armes
Macron, von der Leyen, Poutine, Trump, la Chine : chacun vend son récit. Les faits disent autre chose : pas d’invasion russe, une Europe faible, des États-Unis hégémoniques. Nos élites veulent une guerre pour masquer leurs échecs.
Pour la France, pas pour ses élites
Cet essai ne choisit pas un camp géopolitique, mais la France – pas ce gouvernement, pas cette Europe, mais le pays sacrifié par des élites cupides. Elles doivent partir.
L’union nationale, seule voie réaliste
Peu importe votre bord – RN, LFI, ou autre –, les désaccords sont inévitables. Mais rejouer la politique politicarde dont les Français ont soupé, c’est absurde. L’union nationale est vitale, non pour faire la guerre, mais pour rendre à la France ses forces, maintenant, et offrir au monde un rempart à la folie. L’équilibre compte : chacun son rôle, sans victoire brutale. Cet esprit français, si malmené, reste essentiel à la France, à l’Europe, au monde.