A futuristic and artistic representation of the Drupal CMS. The image features a glowing, stylized Drupal logo at the center, surrounded by abstract d

Drupal en 2025 : l’open-source brut

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Nous sommes le 6 mars 2025, et Drupal, ce pilier open-source du monde des CMS, continue d’affirmer sa place dans l’écosystème numérique. Forgé dans l’esprit du partage et de la liberté logicielle, il allie robustesse technique et flexibilité sans compromis. Avec l’arrivée de Drupal CMS 1.0 et une démo accessible via https://new.drupal.org/drupal-cms/trial, il se réinvente pour séduire sans perdre son âme. Retour sur son histoire, ses avancées récentes, et les projets où il excelle.

Une genèse dans le code libre

Drupal naît en 1999 sous les doigts de Dries Buytaert, étudiant à l’Université d’Anvers. À l’origine, c’est un modeste système de messagerie interne, connecté par un pont Wi-Fi entre dortoirs, codé avec son colocataire Hans Snijder. Buytaert envisage « Dorp » (village en néerlandais), mais une faute de frappe sur « Drop.org » accouche finalement de « Drupal ». Le 15 janvier 2001, Drupal 1.0.0 voit le jour, publié sous licence GPL, marquant le début d’un projet communautaire.

Les étapes s’enchaînent : en 2003, Drupal motorise « DeanSpace », plateforme décentralisée pour la campagne d’Howard Dean, démontrant la puissance de l’open-source pour des initiatives collectives. Drupal 4 (2002) consolide les fondations, Drupal 5 (2007) intègre jQuery pour une interface dynamique, et Drupal 7 (2011) devient une référence avec sa stabilité légendaire. Drupal 8 (2015) révolutionne tout, adoptant Symfony pour une architecture orientée objet, suivi par Drupal 9 (2020) et 10 (2022) qui optimisent cette base. En 2025, après 24 ans, Drupal fédère une communauté de 1,39 million de membres (chiffre de 2022, probablement dépassé) et offre 50 000 modules gratuits – un écosystème vivant, propulsé par le code libre.

Les avancées de 2025 : Drupal CMS 1.0 et au-delà

En 2025, Drupal évolue avec une rigueur toute nerd. Voici ce qui bouge :

  • Fin de Drupal 7 (5 janvier 2025) : Après 14 ans, ce pilier tire sa révérence. Plus de mises à jour officielles, un tournant annoncé dès 2023. Les sites encore sous Drupal 7 (70 % en 2022) doivent migrer, bien que des acteurs comme Tag1 Consulting proposent un support payant jusqu’en 2027. Une transition exigeante, mais typique de l’open-source qui ne stagne jamais.
  • Drupal 10, la maturité technique : Lancé en décembre 2022, basé sur Symfony 6, Drupal 10 atteint une stabilité exemplaire. Le thème Olivero modernise l’esthétique, Claro simplifie l’administration. En mars 2025, la version 10.1.8 (projection réaliste) corrige des vulnérabilités mineures, suivant un cycle mensuel. Le Project Browser, bientôt intégré, permet d’installer des modules depuis l’interface – un gain d’efficacité made in communauté. Les mises à jour automatiques, un chantier open-source clé, progressent. Juin 2025 verra Drupal 10.2.x, avec des optimisations attendues.
  • Drupal 11 en chantier : Initié en février 2024, Drupal 11 pointe pour l’été 2025 (juin-juillet). Symfony 7, nettoyage des API obsolètes, et un accent sur l’accessibilité (WCAG 2.1) sont au programme. Une interface plus fluide est teasée, mais toujours dans l’esprit open-source : du code propre pour ceux qui aiment mettre les mains dans le cambouis.
  • Drupal CMS 1.0, l’entrée simplifiée : Sorti le 15 janvier 2025, Drupal CMS 1.0 est une distribution basée sur Drupal Core, agrémentée de modules préconfigurés pour un démarrage rapide. Accessible en essai gratuit sur https://new.drupal.org/drupal-cms/trial (4 heures, hébergé par Acquia), il vise à démocratiser Drupal sans sacrifier sa flexibilité. Configurations prêtes à l’emploi, outils SEO intégrés (comme Pathauto ou Metatag), éditeur de contenu simplifié : c’est un pont pour les non-devs – marketeux, designers – tout en restant 100 % open-source. La communauté a boosté son développement avec 44 % de contributions en plus en 2024, selon Dries Buytaert, pour un CMS qui va à l’essentiel.
  • Communauté en effervescence : Le DrupalCamp France (19-21 juin 2025, Perpignan) réunira les passionnés. Modules comme TFA (authentification forte) ou AI (expériences personnalisées) ont eu des mises à jour en mars 2025, fruits du travail bénévole relayé sur X par DrupalAid. L’open-source, c’est du code, mais aussi des humains qui collaborent.
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Pour quels projets ? La niche des technophiles

Drupal ne domine pas les stats (1,2 % des top sites en 2022 contre 43 % pour WordPress), mais il excelle là où la complexité règne. Ses cas d’usage :

  • Sites institutionnels massifs : Gouvernements, universités, associations majeures adorent Drupal. En France, le portail du gouvernement ou la Sorbonne s’appuient sur sa sécurité (correctifs réguliers) et sa gestion multilingue native. Des volumes de contenu énormes ? Drupal encaisse.
  • Projets riches en données : Avec sa taxonomie puissante et Views (intégré au cœur depuis Drupal 8), Drupal est parfait pour les bases structurées : archives numériques, musées, ONG comme Greenpeace. Gérer des milliers de nœuds avec des relations complexes, c’est son domaine.
  • Entreprises adeptes du libre : Pour les boîtes qui veulent un CMS open-source personnalisable, Drupal est un rêve de dev. API modernes, architecture Symfony, il se plie aux intégrations poussées – CRM, ERP, systèmes tiers. Pas de licence, juste du code à modeler.
  • Communautés collaboratives : Depuis DeanSpace, Drupal a une fibre militante. Les sites avec des rôles utilisateurs multiples et une gestion fine des permissions (éditeurs, modérateurs) trouvent en lui un allié fiable.

Pour un blog perso ou une landing page vite fait, Drupal est overkill. Il demande des compétences – PHP, Twig, un peu de terminal – et une équipe qui maîtrise. Mais pour les nerds qui veulent un outil libre et puissant, c’est le Graal.

Drupal 2025 : l’open-source pour les puristes

Drupal, c’est une épopée qui commence dans un dortoir et devient un titan du code libre. En 2025, la fin de Drupal 7 force le mouvement, Drupal 10 tient le fort, Drupal 11 se profile, et Drupal CMS 1.0 (à tester sur https://new.drupal.org/drupal-cms/trial) ouvre la porte aux novices sans trahir l’esprit open-source. Pour les projets exigeants – institutions, données, entreprises, communautés –, il reste une référence. Pas pour les pressés ou les amateurs de clics faciles : Drupal, c’est pour ceux qui codent, qui configurent, qui construisent. Un bijou brut, façonné par une communauté qui ne lâche rien.